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    Société Européenne de Défense AISBL – S€D

Pourquoi utiliser le sigle € dans le cadre de la Société européenne de Défense AISBL ? 1. Dans le cadre d’une recherche dans le web, p. ex. via Google, l’acronyme SED renvoie à un grand nombre d’expressions fort diverses, allant du parti communiste de RDA à un éditeur de ligne sous Linux, en passant par un restaurant et un installateur de chauffage. S€D rend notre AISBL beaucoup plus visible : il renvoie immédiatement et uniquement à elle. 2. L’euro, notre monnaie unique, constitue le plus important transfert de souveraineté dans le cadre de la construction de l’Europe unie, et la BCE reste à ce jour la seule institution fédérale en Europe. Le fait que nous utilisions le symbole € témoigne de notre volonté de faire opérer dans le domaine de la défense et de la sécurité le même transfert de souveraineté que dans le domaine monétaire.
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Un jour viendra où vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure et vous constituerez la fraternité européenne”.


Victor Hugo

Discours au Congrès de la paix, Paris, 21/08/1849, Assemblée nationale.

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Une brève histoire du futur de l’Europe


Les États européens – surtout les plus grands – peinent à reconnaître que leur capacité à faire face aux défis actuels est en baisse sensible et rapide, et qu'une réponse européenne collective et coordonnée est seule valable. Pour éviter la décadence, rendre possible une défense et une sécurité efficaces, à un coût socialement acceptable, tout en augmentant notre souveraineté, nous avons besoin d’une avant-garde : les États-Unis d’Europe (EUE).


Seule l’Europe a la taille et le poids qui permettent d’affronter valablement les défis du XXIe siècle. L’évolution vers les EUE est indispensable pour réduire notre dépendance politique et stratégique par rapport aux USA, tout en renforçant l’Alliance atlantique, affaiblie jusqu’ici par le déséquilibre flagrant entre ses deux piliers. Tout Européen conscient de sa citoyenneté devrait le vouloir et y travailler. Parmi les forces conservatrices qui s’y opposent, il y a la crainte de la multiculturalité. Les nationalistes ont créé le mythe des peuples homogènes, alors que l’Europe a toujours été multiculturelle. Elle compte parmi ses citoyens des campagnards et des citadins. Elle comporte de très longue date des minorités, notamment juives et tsiganes. Ses racines sont en partie arabes, particulièrement en Sicile, en Espagne et au Portugal, et turques, dans les Balkans et en Grèce. Même au niveau individuel, figer l’identité individuelle est contraire à l’humanisme, car nos identités sont multiples et mouvantes dans le temps. Les pères de la Réforme ont tous été catholiques. Tous les défroqués ont d’abord été prêtres. Tous les militaires furent des civils.


Pour assurer la paix intérieure, l’UE devrait veiller à sa cohérence, en particulier sur les plans monétaire, économique et social, tout en garantissant les libertés individuelles, l’égalité des chances et la démocratie. À l’extérieur, elle devrait mener une action extérieure efficace, comportant, lorsque nécessaire, des opérations militaires. Celles-ci sont freinées ou empêchées par les dissensions entre les vingt-huit États membres. La majorité fédéraliste, qui veut le maintien de l’État providence, s’oppose aux partisans d’une société de classe, menés par les Britanniques, qui veulent réduire l’Union à une zone de libre-échange. L’UE s’avère trop souvent incapable de parler d’une seule voix, d’être le moteur de la sécurité et de la prospérité pour tous, à cause du veto d’au moins un État membre eurosceptique. Par contre, le Royaume-Uni et quelques États plus marginaux s’étant mis hors-jeu, la zone euro a résisté, jusqu’à présent, à la crise des dettes souveraines. Cette crise a contraint l’UE à faire preuve d’un peu de solidarité, notamment vis-à-vis de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne ; elle a nettement renforcé sa gouvernance économique par le pacte de stabilité budgétaire et de croissance. La zone euro dispose d’une institution fédérale, la BCE, qui, mieux que la Bundesbank ne le faisait, a maintenu la stabilité des prix, tout en réduisant les taux d’intérêts appliqués aux emprunts des États dans la zone. Ceux-ci s’orientent vers une plus grande convergence de leurs politiques économiques. La BCE assure un contrôle centralisé de nos banques. La zone va s’élargir aux États qui répondent aux critères d’adoption de l’euro : le TUE leur en fait l’obligation, à l’exception du Royaume-Uni et du Danemark. La monnaie unique est le symbole le plus fort de l’Union, et la Banque centrale européenne est le seul organe fédéral de l’UE. C’est donc au sein de cette zone que se manifeste le mieux la volonté politique commune, mais la zone euro n’est pas compétente pour la PESC et la PSDC.


Or, Poutine pratique, mais de façon perverse, l’approche globale, sans plus distinguer, au contraire de Tolstoï, la guerre et la paix. L’OTAN reste indispensable au maintien de la paix en Europe, et les efforts de standardisation et d’interopérabilité qu’elle mène depuis soixante ans doivent être valorisés. Compte tenu du contexte géopolitique, un nouvel élan est nécessaire pour avancer sur la voie tracée notamment par Churchill, de Gaulle et Eisenhower. Après l’échec de la CED, les Six ont eu le mérite de rebondir à Messine, et ce furent les traités de Rome. L’abandon des plans Fouchet a ouvert une nouvelle piste, faite à la fois d’élargissement et d’approfondissement. Le traité de Maastricht fut un grand moment, ceux d’Amsterdam, Nice et Lisbonne furent des occasions grandement manquées. Il est temps d’en tirer les leçons.


Les États membres de l’UE qui ne sont pas membres de l’OTAN n’ont pas renoncé à leur souveraineté en matière de défense. Il en va de même pour ceux qui, n’étant pas membres de l’euro zone n’ont pas renoncé à leur souveraineté en matière monétaire. La France et le Royaume-Uni, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU resteront, sans doute longtemps encore, des États nations persuadés d’être plus que de simples États membres de l’UE, alors qu’ils en ont de moins en moins les moyens. Après les attentats de Paris du vendredi 13/11/2015, la France l'a montré en demandant la mise en œuvre de la clause de défense mutuelle (article 42.7 TUE), qui dispose que si un État membre est objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui « doivent » aide et assistance "par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l’article 51 de la charte des Nations unies". L’invocation du 42.7 est une mesure politique. Pour la traduire en actions militaires, il faudra de longues négociations entre les 27 et la France, le Danemark étant exempté. Et le résultat des négociations sera maigre.


Les coupes importantes faites dans les budgets de défense des États membres de l’UE, sans souci de cohérence à l’échelle européenne ont ralenti la modernisation des forces armées, accru l’incohérence des instruments de défense en Europe, et fait perdre à ces États la maîtrise de technologies de souveraineté clé. Leur effort de défense est encore de 200 milliards d'€ par an, soit entre un tiers et la moitié du budget de défense des USA, alors que cela ne produit qu’un dixième de leurs capacités. Les 28 États membres de l'Union européenne comptent aujourd’hui un million et demi de militaires, mais seuls 80.000 soldats, environ 5%, sont utilisables en opérations extérieures. Pour la plupart, ce sont des Français et des légionnaires. Faute de réelles capacités militaires, ces États membres ne peuvent assurer notre sécurité. Ils font, pour la plupart, appel à l’OTAN, c’est-à-dire aux USA, qui se préoccupent surtout de l’Asie.


Fonder les EUE sur le modèle de Schengen mettrait fin à cette gabegie et à ces risques. Les critères de choix des partenaires potentiels identifient les États membres de l’UE les plus susceptibles de participer à leur création.


En constituant enfin un vrai pilier européen de l’Alliance, les EUE permettraient à terme de mieux affronter les menaces qui pèsent sur l’Occident, soit de concert avec les Alliés non européens, soit de façon autonome, lorsque ceux-ci ne voudront ou ne pourront s’engager. L’Europe doit donc pouvoir compter sur un outil militaire efficace et efficient. C’est possible dans le cadre (con)fédéral des EUE, en permettant la mise sur pied de forces armées réellement européennes, en plus de celles des États membres de l’UE. Les solutions classiques des coalitions d’États, comme l’OTAN, l’Eurocorps, l’EMUE, qui fonctionnent avec du personnel détaché des armées nationales, n’est pas satisfaisant, car ce personnel est en permanence tiraillé entre la loyauté due à l’institution qu’il sert, et celle requise par son corps d’origine, qui décide notamment de ses futures promotions et affectations. Des forces armées authentiquement européennes nécessitent un corps d'officiers homogène, au service des EUE, et cette homogénéité ne peut être obtenue qu’au terme d’une formation commune d’officiers.


Compte tenu du contexte économique, et donc budgétaire, l’effectif des forces armées au service des États membres devrait continuer à décroître, ainsi que le nombre d’institutions de formation de base et continuée. Mais l’Europe doit se souvenir que démanteler la défense, et en particulier la formation des cadres militaires, sans se préoccuper des menaces prévisibles, n’a jamais été raisonnable : les conséquences de ce qui a été fait dans les années 1920 sont connues. Les intégrismes et fondamentalismes actuels sont aussi dangereux que les totalitarismes d’alors. Lors des évènements du 7 au 9/1/2015 en région parisienne, la France a engagé 88.000 policiers pour neutraliser trois terroristes. Je me demandai alors que ferait-elle contre plusieurs commandos de trois tireurs ? Depuis les 13 et 15 novembre 2015, nous le savons…


Une action commune européenne dans le domaine de la défense s’impose. La plupart des Européens, comme l’ont montré les Eurobaromètres il y a une décennie, le souhaitent. Seul l’establishment s’y oppose. Ce nouveau bond en avant pour l’Europe permettra de mieux valoriser les atouts immatériels de la société européenne : la solidarité, la justice, le respect de l'environnement, la démocratie et l’État de droit, en interne et sur le plan international. Une défense européenne confortera les valeurs européennes dans le monde et contribuera à générer la force morale indispensable à l’UE, tant pour promouvoir l’union politique que la PESC et la PSDC. L’Europe pourra ainsi apporter une contribution plus substantielle à la réponse aux questions qui se posent à l’échelle mondiale.


La lutte contre le crime organisé, l’immigration illégale, le terrorisme, la piraterie, la guerre hybride, implique une capacité de contrôle des frontières et de conduite des opérations intérieures et extérieures, civiles et militaires, et donc le recours à des services de renseignement, de douane, de police, de police militarisée, ainsi qu’à des moyens militaires, en fonction du degré de violence constaté et à mettre en œuvre. Si l’UE a des facultés d’intervention considérables, politiques, financières, économiques notamment, ses États membres rechignent à lui fournir les moyens, particulièrement le personnel et le matériel nécessaires, lorsqu’il s’agit de mener les opérations civiles et militaires qu’ils ont décidées.


Les forces européennes, leur personnel (douaniers, policiers, magistrats, agents de protection civile, gendarmes, militaires) et le matériel requis pour ces opérations, devraient donc appartenir en propre aux EUE, notamment pour disposer des prérogatives de la puissance publique. Pour qu’elles voient le jour, une formation européenne de toutes les catégories de personnel est une condition nécessaire, mais insuffisante. La condition suffisante, c’est évidemment la volonté politique.


C’est à susciter celle-ci que travaille la S€D.


Pour en savoir plus, voir Jean Marsia, De l’École royale militaire de Belgique à une université européenne de Défense, La clé d’une Défense européenne, celle des Etats-Unis d’Europe !, Bruxelles, Academic & Scientific Publishers, à paraître.



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