A la faiblesse actuelle de la défense européenne doit succéder une Europe puissance !

Par Jean Marsia, président de la Société européenne de défense AISBL (S€D)


L’offensive de M. Trump contre l’Iran lèse l’Europe !


En Afghanistan, les talibans, Al-Qaida et Daesh se partagent le contrôle des zones rurales du Sud et de l’Est, qui produisent la drogue. En Inde et au Pakistan, puissances nucléaires, hindous et musulmans se radicalisent. Pourtant, c’est contre l’Iran que M. Trump agit. Ce 4 novembre, il a rétabli les sanctions sur les secteurs de l'énergie, de la construction navale, du transport maritime et des banques. Seules une dizaine d’entre elles en sont exemptées. L’exportation de pétrole de fait au départ de tankers iraniens situés loin en mer, pour que les acheteurs soient moins identifiables, à raison d’un million de barils par jour. C’est moins qu’en octobre, mais comme le cours du pétrole est remonté, son revenu est inchangé. Celui-ci peut financer seulement l’importation de biens et services humanitaires, par exemple des médicaments.


En Europe, SWIFT(1) s’est vue «conseiller» de couper ses services de messagerie aux institutions financières iraniennes visées par les USA. Certaines des banques européennes qui effectuent des transactions avec l’Iran réutilisent donc les procédures sur support papier d’avant 1977. Elles veillent à ne pas tomber sous le coup des sanctions américaines.(2) Les USA n’autorisent d’importer du pétrole iranien qu’à la Chine, à Taiwan, au Japon, à la Corée du Sud, à l’Inde, à la Turquie, ainsi qu’à la Grèce et à l’Italie, dont le produit finance les achats dans l’Union européenne (UE).


Celle-ci et ses États membres annoncent la mise en place d’une chambre de compensation pour des opérations de troc,(3) mais ils ne savent ni comment la faire fonctionner, ni où l’installer: chacun craint une réaction américaine. Le dispositif mis sur pied en août 2018 pour immuniser les PME de l’UE des effets extraterritoriaux des sanctions n’a été utilisé que cinq fois, alors que de nombreuses grandes entreprises européennes ont quitté l’Iran.


Les États européens, membres ou non de l’OTAN, ne sont que des protectorats américains, incapables de défendre nos droits et nos intérêts, car il n’y a pas de défense européenne. Analysons donc la situation et prenons les mesures qui s’imposent. La seconde moitié de son mandat est plus compliquée pour M. Trump depuis les « Midterms » : les Démocrates contrôlent le Congrès.


Une diplomatie européenne pléthorique, coûteuse et inefficiente


Le service européen d’action extérieure (SEAE) nous coûte 2 milliards € par an. Il a ouvert 130 « ambassades » mais n’a pas de capacités militaires. Dès lors, seule une démarche commune des représentants de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni est prise en considération à Washington, à Pékin, à Moscou, à Téhéran ou à Bujumbura, mais cela ne veut pas dire obtenir raison, que ce soit sur l’Iran ou sur le réchauffement climatique, par exemple.


L’UE, en plus des moyens affectés à leurs relations internationales par ses États membres, notamment par la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, a prévu, dans le cadre de son prochain budget septennal, d’affecter 120 milliards € à son action extérieure.


Les opérations extérieures, au Sahel et en Somalie, recevront 10 milliards €. Pour quel résultat ? Au Mali, par exemple, les agriculteurs noirs sédentaires du sud, les éleveurs Peul du centre, les nomades berbères ou arabes du nord s’opposent depuis des temps immémoriaux. Ces tensions sont amplifiées par la démographie actuelle, ce qui incite une partie de ces populations à migrer vers l’Europe. Pour endiguer ce flux, l’UE devrait enfin prendre des mesures adéquates contre les trafiquants d’êtres humains et sécuriser nos frontières, car l'espace Schengen reste perméable, malgré les moyens accrus de l’agence Frontex, la mise en route du Procureur européen et une coopération plus étroite entre nos polices et services de renseignement.


Plus de 30 milliards € seront affectés par l’UE au fonds européen de développement, afin de former des policiers, des douaniers, des militaires africains, en vue de la lutte contre les trafiquants d’êtres humains, d’armes et de drogues qui infestent le Sahel et ravitaillent les terroristes islamistes.


L’UE a aussi réservé 6.5 milliards € pour améliorer la mobilité stratégique en Europe, car l'OTAN n’a pu, en près de 70 ans, rendre les ports, les ponts, les routes et les voies ferrées d’Europe aptes au transport de matériel militaire lourd, ni supprimer les formalités douanières pour les forces armées, ce que le général Eisenhower, commandant en chef de l’OTAN, demandait en 1950 ! Comme la Commission européenne s’est engagée à respecter la souveraineté des États membres dans le cadre de ce projet, celui-ci risque fort de n’aboutir qu’à des dépenses inutiles.


Une défense européenne embryonnaire, au développement poussif


Une monnaie sans État est une aberration, et un État a toujours une armée sur son territoire : la sienne ou celle d’un autre, mais dans ce cas, il perd une grande part de sa souveraineté. L’UE n’est et ne sera pas un État, elle ne dispose pas de capacités militaires propres, mais seulement d’un embryon d’état-major stratégique, l’EMUE. Celui-ci supplée à l’absence de quartier général opérationnel européen permanent en coordonnant des opérations extérieures, qui sont toutefois d’ampleur très limitées, faute de moyens matériels et humains.


J’ai été frappé de constater la corrélation entre le rôle international de l’euro et la volonté politique de réaliser la défense européenne. Si l’esprit de Saint-Malo a rayonné de 1998 à 2005, depuis c’est la déglingue : (4)


La valeur d’une monnaie dépend en effet de facteurs objectifs, comme le produit national brut ou le commerce extérieur, mais aussi de la confiance qu’inspire l’émetteur. Il est indéniable que les capacités de sécurité et de défense y contribuent au même titre que, par exemple, les réserves de change : la solidité du dollar repose sur en partie sur la puissance militaire américaine.


L’UE en est très loin. Elle a depuis 2003 une stratégie européenne de sécurité, mais incomplète. Elle a été confirmée en 2008, après l’élargissement de l’UE vers l’Est. Fin 2016, une liste commune de menaces a été ajoutée, mais celles-ci ne sont toujours pas hiérarchisées. La perception des menaces n’est en effet pas identique pour tous les Européens. De Marseille, les chars russes sont invisibles. Pour les habitants de Tallinn, Daesh et Al-Qaida sont des concepts étrangers au vécu quotidien et les migrants africains ou levantins ne sont pas légion dans ces contrées.


Nos dirigeants ne savent pas indiquer les capacités militaires dont ils estiment avoir besoin face à ces menaces. Ils sont incapables de répondre collectivement à la question de savoir si l’Europe a ou non besoin d’une dissuasion nucléaire, de porte-avions, de chasseurs bombardiers, de sous-marins d’attaque, de divisions blindées, de forces spéciales, etc., ou seulement de troupes aptes au maintien de la paix et à l’action humanitaire. Impossible donc d’esquisser les contours d’une armée européenne !


Le Conseil européen s’est, depuis 2013, plus préoccupé de notre défense. La coopération structurée permanente (CSP) est advenue en 2017. Seuls le Royaume-Uni, le Danemark et Malte n’en sont pas. En 2018, une feuille de route pour sa mise en œuvre, son mode de gouvernance, le processus d'évaluation annuel de la réalisation des engagements pris, etc. ont été définis. En juin 2019, la Haute représentante remettra au Conseil européen de 2019 son premier rapport de mise en œuvre de la CSP. Il est clair que progresser à 25 sera laborieux.


M. Macron a donc proposé l'Initiative européenne d'intervention (IEI) à la Sorbonne, le 26 septembre 2017, dans le but de faire émerger une culture stratégique commune, en réunissant ceux des États membres de l’UE ou de l’OTAN censés avoir les capacités militaires nécessaires et la volonté politique suffisante pour intervenir en opérations extérieures. Ce 7 novembre, la Finlande a rejoint l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, l’Espagne, l’Estonie, la France, les Pays-Bas, le Portugal et le Royaume-Uni au sein de l’IEI. Cet assemblage hétéroclite en est encore à se structurer, à rédiger un « Protocole d’entente » sur sa structure de direction politique. Le premier groupe de travail constitué porte sur les ouragans dans les Caraïbes ; il est géré par les Pays-Bas. Lors de la première réunion au niveau ministériel, le 7 novembre dernier, les ministres allemand, britannique et espagnol étaient absents.


Une structure multilatérale comme l’IEI a une valeur ajoutée, par rapport aux échanges bilatéraux que peuvent avoir les officiers de liaison envoyés à Paris par certains États membres de l’UE, au Centre de planification et de conduite des opérations. Des groupes de travail structurés, des échanges plus intensifs et un travail en commun sur certains scénarios opérationnels ne peuvent pas faire de tort. Mais cela ne débouchera pas, avec certitude, sur la nécessaire défense européenne.


Faute d’une politique d’acquisition cohérente des systèmes d’armes, l’industrie européenne de défense est bien moins soutenue que celle des USA !


Constatant qu’en 10 ans, le taux de coopération européenne en matière de prospective, de recherche et de technologie a été́ divisé par 2, passant de 20% à 10% des budgets correspondants, la Commission Juncker a proposé que la prochaine Commission lance un Fonds européen de défense (FED), de 13 milliards € pour les 7 ans à venir, afin de stimuler les investissements en recherche et développement et d’accroître les capacités militaires de Europe. Le FED n’est pas négligeable, mais reste minime par rapport aux dépenses de défense des États membres de l’UE, qui sont de 200 milliards € environ par an, soit 1.400 milliards € en 7 ans.


Ces budgets futurs risquent d’être aussi mal dépensés que les précédents. Pourtant, chaque année, 22 États-membres de l’UE sur 28 participent à la planification de défense de l’OTAN. Depuis peu, 26 des États-membres de l’UE procèdent en outre à une revue annuelle coordonnée (CARD). Celle-ci pourrait reconstituer un Eurogroupe au sein de l’OTAN, mais risque aussi de conduire l’UE à entériner les décisions de l’OTAN, ce qui favoriserait l’acquisition de matériel américain.


Les gouvernements français et allemand, ainsi que Dassault et Airbus, s’entendent pour développer et construire un futur système aérien de combat commun (SCAF) et un futur drone MALE, mais est-ce durable ? Le SCAF est concurrencé par le Tempest anglo-italien ! A la fin des années 1970, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ainsi que Dassault et les industriels qui ont constitué Airbus, avaient envisagé un avion de combat européen. En 1985, la France désirait un chasseur-bombardier, polyvalent et suffisamment léger pour pouvoir apponter sur un porte-avion et a constaté que l’Allemagne et le Royaume-Uni voulaient un chasseur-intercepteur au long rayon d’action, beaucoup plus lourd. Il en résulta l’Eurofighter et le Rafale, ce qui a eu des conséquences encore en 2018 : ni l’un, ni l’autre n’a remplacé les avions de combat F-16 en Belgique, qui a choisi le F-35 de Lockheed-Martin, notamment sur base du prix d’achat. Ce fut aussi le cas au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Norvège et au Danemark. Pourquoi concurrencer les Américains n’est-il pas aisé ?


Depuis 2011, 357 F-35 ont été produits, il devrait être commandé à près de 3.000 exemplaires par au moins 14 pays différents. Au fur et à mesure que sa production augmente, son prix diminue. Le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne ont reçu le premier Eurofighter en 2004. L'Autriche, Oman, le Koweït, l'Arabie saoudite et le Qatar ont porté le total des commandes à 623 ; 540 appareils ont été construits. Dassault Aviation a livré le premier Rafale en 2001. Aux 180 avions destinés à la France, il faut en ajouter 24 pour l'Égypte, 24 pour le Qatar et 36 pour l'Inde. Sur le total de 264, dont 165 ont été fabriqués. Toutefois, une autre façon de comparer ces avions est le coût de l’heure de vol : 21.000 € pour le F-35, 18.000 € pour l’Eurofighter et 16.500 € pour le Rafale, ce qui inverse le classement. Pour le F-16 belge, c’est 10.000 €.


De l’acquisition défaillante des systèmes d’armes à l’inopérationnalité de nos forces armées


Faute d’une défense européenne, les systèmes d’armes en Europe sont très divers et comportent une forte proportion de matériels américains, avec toutes les conséquences opérationnelles, logistiques, industrielles et économiques négatives que cela implique.


Les récentes manœuvres de l’OTAN en Norvège ont montré qu’à cause de l’incompatibilité des systèmes de transmission, les unités d’un État-membre ne peuvent appuyer de leurs feux une unité alliée, faute de pouvoir échanger des données. A cause des normes nationales, une unité ne peut décontaminer valablement les matériels d’un allié. Le piteux état des forces armées du Royaume-Uni a été confirmé.


Faute de crédits budgétaires, les Eurofighters de la Royal Air Force ne pourront pas reprendre les missions de largage des missiles Brimstone 2 et des missiles de croisière Storm Shadow assurées par les avions Tornado lorsque ceux-ci seront retirés d’usage en mars 2019. L’armée de terre, épuisée par deux décades d’opérations de contre-insurrection et de coupures budgétaires, manque des équipements requis pour un conflit de haute intensité. L’artillerie manque de lance-roquettes multiples, de défense anti-aérienne, de moyens de commandement et de contrôle (C4ISR), de radars pour localiser l’artillerie adverse ; ses obusiers tirent à 40 km, les Russes à 70 km.


Le double langage de nos dirigeants sur la défense européenne


Selon le National Audit Office, il va manquer 20 milliards £ à la défense britannique sur la prochaine décade pour maintenir ses capacités. (5) En réponse, le gouvernement va affecter un seul milliard £ de plus à la défense, d’ici 2020.


S’exprimant devant les jeunes de son parti, (6) Mme Merkel appelle de ses vœux une politique européenne de sécurité et de défense, pour que l’Europe puisse être valablement présente sur la scène mondiale. Que n’a-t-elle œuvré en ce sens depuis qu’elle est arrivée au pouvoir fin 2005 ?


Lorsqu’il s’est agi de fusionner Airbus et BAe, elle a rejeté la proposition des industriels. Pour elle, l’Allemagne a toujours primé sur l’Europe.


Pour redresser sa cote de popularité, en répondant aux « peurs » des Européens par une capacité à les protéger, M. Macron a proposé, le 6 novembre dernier, de créer « une vraie armée européenne ». Son constat est exact : nous devrions faire face aux menaces sans dépendre complètement des USA et agir de manière plus souveraine. M. Macron ne dit toutefois pas comment constituer cette armée et moins encore comment il compte, préalablement, réunir l’Europe politiquement. C’est pourtant la condition nécessaire, mais pas suffisante, à une défense européenne. Churchill, de Gaulle et Eisenhower et moi, notamment, sommes d’accord sur ce point.


Pourquoi ce double langage ? Pour camoufler le séculaire combat pour la suprématie en Europe !


Depuis le traité de Verdun de 843, la France et l'Allemagne tentent de diriger l'Europe. Aujourd’hui, heureusement, il n’est plus question de guerre, mais bien de protéger leurs intérêts technologiques, industriels et politiques.


La France profite de sa capacité de dissuasion nucléaire pour cacher le fait que, depuis la présidence de M. Sarkozy, elle confie à nouveau sa défense à l’OTAN, donc aux USA, comme 21 autres États européens. Elle privilégie une approche tous azimuts dans la recherche de partenariats, mais cela donne une impression d’incohérence. Sa loi de programmation militaire prévoit, avec l'Allemagne, le système de combat aérien futur (SCAF), le char du futur, le drone moyenne altitude-longue endurance, les avions de patrouille maritime. Avec le Royaume-Uni, il s’agit du nucléaire, du système de lutte anti-mines et des missiles de croisière.


L’Allemagne domine économiquement. Depuis 2012, le Framework Nation Concept de l'OTAN lui permet de fédérer autour d'elle 19 « petits » pays, pour mutualiser des capacités logistiques, amphibies, sol-air, navales, etc., pour susciter des projets industriels (drones, centres de commandement et de contrôle aérien, etc.) et pour promouvoir, avec succès, les ventes de matériels allemands. Le char de combat Léopard 2 a été produit à plusieurs milliers d’exemplaires et exporté dans des dizaines de pays, alors que le Leclercq ne s’est vendu qu’à quelques centaines d’exemplaires et a été exporté seulement aux Émirats arabes unis. Même après le Brexit, l'Allemagne n’a aucune volonté de mettre en place une défense commune.(7) Au contraire, son Livre Blanc de 2016 a exprimé sa volonté de leadership en Europe dans le domaine de la défense. Certains (8) préconisent même que l’Allemagne devienne le leader politique et militaire de l'UE, le pilier européen de l'OTAN, en raison du futur désengagement américain. Les propositions de M. Macron sont donc accueillies avec scepticisme.


Qu’en penser ? Que faire ?


Il n’est pas étonnant que l’UE pâtisse de l’affaiblissement de Mme Merkel, de la baisse de popularité de M. Macron et de ses désaccords internes, sur le contrôle de l’immigration comme sur la consolidation de l’Union économique et monétaire. Elle souffre aussi de son impuissance à réduire les tensions au Levant et de la faiblesse de ses réactions face aux diktats de M. Trump envers l’Iran, la Russie, la Chine et la Corée du Nord.


Les relations internationales sont redevenues la lice où jouent les rapports de forces entre États. Au lieu de ces confrontations dangereuses et stériles, faisons de l’Europe un lieu à la pointe de la lutte contre le changement climatique, de la protection de la biodiversité, de la promotion du développement numérique, du maintien de la paix et de la démocratie, en particulier dans notre voisinage. Cela implique une capacité commune de défense. Les carences la plupart de nos politiciens requièrent que l’opinion publique se mobilise en faveur d’une unité de décision politique et stratégique en Europe, pour assurer leur protection dans un monde multipolaire, instable et angoissant, pour maintenir la prospérité économique et restaurer la justice sociale, pour faire rayonner nos valeurs culturelles communes.


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(1) La Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication est une société coopérative de droit belge installée à La Hulpe, près de Bruxelles.

(2) Voir Julian Borger & Saeed Kamali Dehghan, "US rebuffs Europeans over ensuring Iran sanctions exempt food and medicine" in The Guardian, https://www.theguardian.com/world/2018/nov/02/iran-sanctions-us-european-humanitarian-supplies, 2/11/2018.

(3) Il est aussi dénommé fonds commun de créances ou special vehicle purpose.

(4) Voir "The euro’s international role remains close to historical lows",

 https://www.ecb.europa.eu/pub/pdf/ire/ecb.ire201806.en.pdf .

(5) Voir, Jane’s Defence Weekly du 7/11/2018,  https://emagazines.ihs.com/webviewer/#janesdefenceweekly7november2018/uk_forces_to_receive_gbp1_billion_boost_in_spending.

(6) Voir Tim Nierendorf, "Wenigstens keine Buhrufe" in Frankfurter Allgemeine Zeitung, http://www.faz.net/aktuell/politik/inland/merkel-bei-der-jungen-union-wenigstens-keine-buhrufe-15824471.html, 6/10/2018.

(7) Voir Nikolas Busse, "Macrons Appell" in Frankfurter Allgemeine Zeitung,  http://www.faz.net/aktuell/politik/ausland/kommentar-zu-macrons-ruf-nach-einer-europaeischen-armee-15877551.html, 6/11/2018.

(8) Notamment la Stiftung für Wissenschaft und Politik (SWP), en août 2017.